La forêt équatoriale d'Indonésie

Rafflesiaceae

Rafflesia arnoldii

La famille des Rafflesiaceae pousse dans les régions tropicales d'Asie. Elle comprend les genres Rafflesia, Rhizanthes et Sapria. Toutes les espèces de cette famille sont des parasites obligatoires de la vigne Tetrastigma (Vitaceae). Elles ont perdu feuilles, tiges, racines et chlorophylle au cours de l’évolution de sorte qu'elles dépendent entièrement de leur hôte pour leurs ressources. Elles ont développé des tissus endophytiques qui s'intègrent au système vasculaire de Tetrastigma. Ces haustoriums forment des filaments qui ressemblent aux hyphes des champignons.

Les fleurs des Rafflesiaceae émettent une forte odeur de carcasse et présentent une texture rêche, rougeâtre, qui ressemble à celle de tissus en décomposition. Cette adaptation permet une pollinisation sapromyiophile. Les fleurs possèdent une chambre centrale o?u mouches et insectes peuvent venir se loger. Les fleurs mâles produisent un pollen abondant et collant, tandis que les fleurs femelles possèdent un large stigmate en forme de bol. Les fruits sont de larges baies qui contiennent une grande quantité de graines, probablement dispersées par de petits rongeurs ou des insectes comme les fourmis.

Le genre Rafflesia comprend notemment la plus grande fleur au monde. Le genre Rhizanthes est similaire à Rafflesia mais possède des pétales qui se terminent par des sortes de tentacules. Les Sapria présentent des fleurs beaucoup plus petites et poussent dans une région comprise entre le nord de l'Inde et le sud du Vietnam.



Rafflesia arnoldii

Rafflesia arnoldii est une plante endémique de Sumatra. Elle affectionne les milieux humides de la forêt primaire sur un terrain favorable à la croissance de lianes. Cette plante remarquble par son cycle de vie et sa taille est menacée d’extinction à cause du déboisement des forêts tropicales.

Rafflesia arnoldii est une plante holoparasitique. C'est-à-dire qu'elle dépend entièrement de son hôte pour sa survie. Elle ne possède ni feuilles, ni système racinaire, ni tige. Rien qui puisse lui permettre d'assurer ses besoins et de s'imposer dans son milieu tropical. Elle puise donc l'eau, les minéraux et les produits de la photosynthèse de Tetrastigma, une vignes de la famille des Vitaceae. En fait, Rafflesia arnoldii ne parasite que des vigne du genre Tetrastigma, ce qui limite les possibilités de survie de l’espèce.

Son cycle de vie débute sous la forme de minuscules graines pas plus grosses qu'un grain de poussière. Elles sont dispersées par des petits mammifères du genre tupaia ou par des insectes. Il est probable que les tupaias absorbent les fruits et que les graines soient ensuite éjectées dans les fèces. D’autres mammifères tels que des rats peuvent aussi chercher à consommer des fruits en état de décomposition et transporter les graines sur leur pelage. Ces graines doivent atteindre des Tetrastigma afin de germer, sinon elles périssent. Elles pénètrent les tissus de leur hôte en profitant de plaies ou à travers de jeunes tissus. Apparemment, les phénols produits par Tetrastigma agissent comme des signaux pour débuter la germination. Une fois activée, la graine produit des haustoriums qui pénètrent le cambium et se connectent au xylème et au phloème. Ces structures sont spécialisées pour pénétrer l'hôte et absorber les nutriments. Elles restent enfouies dans la liane durant des mois, voire des années, ce qui les protège également des prédateurs. Durant cette période, la plante cumule les réserves nécessaires à la croissance de la fleur.

À maturité, Rafflesia arnoldii se fraye un passage à travers le cortex et développe des bourgeons qui continuent à pousser pendant près d'un an avant d'éclore. La fleur atteint une taille gigantesque de plus d'un mètre et peut peser jusqu’à 11 kilos. Elle est de couleur rouge tachetée de blanc et émet un parfum de viande faisandée afin d'attirer des mouches pour assurer la pollinisation. Celles-ci restent pendant un moment retenues dans l'ouverture en forme de cloche, agitant anthères ou stigmates. Ce camouflage en forme de viande en état de décomposition permet aussi à la plante de protéger sa fleur contre les herbivores. Les fleurs de Rafflesia arnoldii ne durent qu’environ 7 jours avant de se flétrir et de mourir, ce qui est remarquable vu l’investissement énergétique.

Cinq à sept jours après la pollinisation, l'ovaire fertilisé se développe en baies qui contiennent plusieurs centaines de milliers de graines. Ce nombre gigantesque permet de garantir que quelques-unes au moins puissent atteindre un hôte.


Rafflesia arnoldii
Les haustoriums de Rafflesia arnoldii restent enfouies dans liane durant des mois. Puis, la plante se fraye un passage à travers le cortex et développe des bourgeons.
Rafflesia arnoldii
les bourgeons de Rafflesia arnoldii continuent à pousser pendant près d'un an avant d'éclore.
Rafflesia arnoldii
Rafflesia arnoldii ne parasite que des vigne du genre Tetrastigma.
Rafflesia arnoldii
Rafflesia arnoldii est de couleur rouge tachetée de blanc et émet un parfum de viande faisandée afin d'attirer des mouches pour assurer la pollinisation.
Rafflesia arnoldii
Le camouflage à l'aspect de tissus en état de décomposition de Rafflesia arnoldii permet aussi à la plante de protéger sa fleur contre les herbivores.
Rafflesia arnoldii
Les mouche pollinisatrices restent pendant un moment retenues dans l'ouverture en forme de cloche de la fleur de Rafflesia arnoldii, entrant en contact avec les anthères ou les stigmates.
Rafflesia arnoldii
Vers la fin du cycle de vie de Rafflesia arnoldii, son ovaire fertilisé se développe en baies qui contiennent plusieurs centaines de milliers de graines. Ce nombre gigantesque permet de garantir que quelques-unes au moins puissent atteindre une liane de Tetrastigma.
Rafflesia arnoldii
Rafflesia arnoldii - Toutes les photos de cette espèce ont été prises dans la réserve naturelle de Bukit Barisan.
Rafflesia patma
Rafflesia patma pousse sur l'île de Java. - Bourgeons et fleurs en décomposition.
Rafflesia patma
Rafflesia patma - Sa fleur est beaucoup plus petite que sa consoeur Rafflesia arnoldii mais n'en garde pas moins les mêmes charactéristiques.
Rafflesia patma
Rafflesia patma - Tous les membres de la famille des Rafflesiaceae produisent des fleurs unisexuées.