La forêt équatoriale d'Indonésie
Rubiaceae
Introduction
Les Rubiaceae sont représentées par plus de 800 espèces qui prospèrent en Indonésie. Cette large famille compte des arbres, des arbustes, des lianes et des herbes. Parmi ses traits morphologiques récurrents, on trouve des feuilles opposées, simples, à marge entière. Les stipules présentent une forme triangulaire entre les feuilles qui permet une bonne identification. Les fleurs sont radiales, symétriques, avec une corolle terminée par un tube et composée de 4 à 5 lobes. Les fruits peuvent prendre plusieurs formes telles que des arilles, des drupes, des capsules ou des têtes syncarpiques. La pollinisation est assurée par diverses espèces d’insectes comme des abeilles, des papillons et même des chauves-souris. Quant à la dispersion des graines, elle se fait largement par des oiseaux ou des chauves-souris.
Adaptations
Les Rubiaceae présentent une grande variété d’adaptation. Des genres tels que Psychotria, Ophiorrhiza et Lasianthus prospèrent à l’ombre de la canopée grâce à de larges feuilles et une croissance lente. Nauclea orientalis pousse proche des rivières et dans des zones forestières pouvant subir des inondations temporaires. Cette dernière possède des pneumatophores et un tissu spongieux appelé aerenchyma qui permet le passage de l'oxygène. Durant les longues périodes en milieu anoxique, elle peut faire basculer son métabolisme vers une forme de respiration anaérobie qui produit de l'éthanol. Les herbes de la strate terrestre telles que Ophiorrhiza sp. préfèrent des sols humides et riches en humus. Certaines espèces produisent des alcaloïdes, des iridoïdes et des phénols afin de repousser des herbivores. C'est le cas de Cinchona (quinine) et de Ophiorrhiza (camptothécine). Des espèces de Pavetta portent des nodules foliaires dont les bactéries (Burkholderia) détoxifie les plantes des métabolites. D'autres espèces telles que Morinda citrifolia tolèrent un milieu salin, dérangé, exposé à la lumière, au sol dérivé d’activité volcanique.
Dispersion géographique
Les Rubiaceae apparaissent dans pratiquement toutes les écozones indonésiennes. On les retrouve dans les forêts de diptérocarpes (Psychotria, Timonius, Lasianthus, Ixora, Pavetta), les forêts de marécages (Nauclea, Hydnophytum, Anthorrhiza, Borreria), les forêts de montagnes (Cinchona, Gaertnera, Psychotria), des forêts côtières (Morinda citrifolia, Guettarda speciosa, Scyphiphora hydrophyllacea (associée aux mangroves) et des forêts de karst ou sur sol calcaire (Pavetta, et quelques Timonius).
Répartition verticale
Les Rubiaceae occupent toutes les strates de végétation des forêts équatoriales. Au niveau de la canopée, on trouve des espèces des genres Nauclea, Timonius, Wendlandia. Plus bas, les genres Adina, Diplospora, Psychotria, Lasianthus, Ixora, Pavetta, Tarenna occupent le sous-étage forestier. Parmi les herbes du tapis forestier croissent des genres tels que Ophiorrhiza, Hedyotis, Oldenlandia. Les Rubiaceae comptent aussi quelques plantes épiphytes comme Myrmecodia qui forme une symbiose avec les fourmis, Hydnophytum et Squamellaria.
Usages ethnobotaniques
Les Rubiaceae font partie des plantes utiles des populations d’Indonésie. Les extraits de feuilles et d'écorce d'A. cordifolia sont utilisés contre les fièvres et les infections cutanées. Les fruits de Morinda citrifolia sont consommés contre les fièvres, les problèmes digestifs, pour réguler la pression artérielle ou comme tonique. Ophiorrhiza spp. sont utilisés pour traiter les tumeurs et les infections. Ce genre contient des alcaloïdes précurseurs de la camptothécine. Gardenia jasminoides et Gardenia tubifera sont connus pour lutter contre les fièvres et comme teinture. Ixora coccinea sert de remède contre la dysenterie, les maux de tête et les cycles menstruels déréglés. Ses fleurs servent d’offrandes à Bali. Cinchona spp., cultivée et naturalisée en Indonésie, produit la précieuse quinine. Une molécule vitale pour lutter contre le paludisme.